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8e baromètre de conjoncture du Forum des Télécommunications : reprise, l’optimisme confirmé

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Amorcée en 2015, la reprise de l’activité et des recrutements s’accélère en 2016. C’est ce que révèle le 8e baromètre de l’Observatoire des métiers de l’Institut Mines-Télécom, une enquête réalisée à l’occasion du Forum des télécommunications le 11 février 2016 (voir méthodologie). Selon l’étude, la grande majorité des entreprises interrogées (84 %) annoncent des perspectives d’activité en progression. Le reste des sondés s’attendent à une stabilité de leur business (14 %) ou ne se prononcent pas (2 %). Ces chiffres globaux confirment ceux enregistrés en 2015 où l’on avait même mesuré un climat d’optimisme un peu plus marqué (88 % de prévisions positives).
De plus, ce sont toujours les mêmes secteurs (audit/conseil, éditeurs de logiciels et ESN (SSII)-ingénierie) qui affichent la plus forte confiance dans l’avenir.

Des projets de recrutements ambitieux

Ce qui change vraiment cette année ? La confiance retrouvée des entreprises se traduit en projets de recrutements plus ambitieux.

Selon l’édition 2016 du baromètre de l’Institut Mines-Télécom, 62 % d’entre elles prévoient un nombre d’embauches supérieur à celui de l’année précédente. En 2015, elles n’étaient que 46 % à l’envisager. Il y a là un phénomène de rattrapage : après plusieurs années de retenue (la crise de 2008/2009 est passée par là), les employeurs semblent enfin lâcher les chevaux.
En tête des activités qui vont recruter davantage : les éditeurs de logiciel (86 %), l’audit/conseil (85 %) et les ESN et ingénierie (67 %). L’an passé, encore près d’un tiers des ESN présentaient de prévisions de recrutement en recul ce qui n’est plus du tout le cas en 2016. Une entreprise comme Alten aurait l’intention d’intégrer 3 000 personnes, 500 de plus que l’an passé. Actuellement, le groupe d’ingénierie et de conseil en technologies recrute à un rythme de 50 embauches par semaine. Comme la plupart des sociétés d’audit/conseil, Bearing Point devrait également intensifier ses recrutements : l’objectif est fixé à 250 cette année contre 200 en 2015. Côté éditeur de logiciels, Dassault Systemes affiche des objectifs très ambitieux avec un doublement des effectifs d’ici 2020. En 2016, entre 100 et 150 postes pour jeunes diplômés seraient à pourvoir. 200 à 300 offres concerneront des profils plus confirmés.
Tous les autres secteurs s’attendent à des volumes d’embauches au moins équivalents à ceux de 2015.

Le réveil de l’automobile

Même les services (banque, assurance, services aux particuliers …) qui étaient globalement peu actifs ces dernières années se réveillent avec des prévisions positives. Dans ce secteur, les « start-up » les plus matures offrent de belles opportunités. Présente lors du dernier Forum des télécommunications à Paris, Blablacar prévoit de recruter 300 personnes en 2016. Project manager, CRM manager, Data Scientist, developpeur, architecte SI … ces postes concernent aussi bien des profils un peu expérimentés que des jeunes diplômés.

Chahutées au plus fort de la crise, certaines industries, comme l’automobile, recommencent à ouvrir des postes. PSA Peugeot Citroën chercherait des profils confirmés mais préparera aussi l’avenir avec une offre assez fournie de stages et de contrats en alternance. Alors qu’il y a trois ans, les sociétés de conseil en ingénierie transféraient leurs compétences automobiles vers l’aéronautique, un mouvement inverse est en train de s’amorcer, souligne-t-on chez Alten. La voiture du futur, « autonome et connectée », sur laquelle planchent les grands constructeurs a besoin d’ingénieurs spécialisés, notamment dans les systèmes embarqués.
Seul point noir dans cet océan d’optimisme, les opérateurs télécom. Deux entreprises sur les cinq interrogées par l’Institut Mines-Télécom vont réduire leur recrutement en 2016. Logique pour un secteur en pleine phase de restructuration. Du reste, 80 % des opérateurs disent n’avoir aucun plan d’embauche. Une proportion qui tombe à 42 % pour l’ensemble du panel.

Des recrutements liés en majorité à une hausse d’activité

Pour près d’une entreprise sur deux (48 %), tous ces projets de recrutements sont liés à un développement d’activité. Signe que la reprise économique qui s’est amorcée en 2015 s’amplifie. Mais par ailleurs, 39 % déclarent que ces futurs emplois sont liés à des départs à la retraite. Globalement, la proportion d’employeurs anticipant des recrutements liés à des remplacements a même augmenté en 2016. L’effet papy-boom va continuer à fonctionner à plein régime avec le départ à la retraite de la génération des baby-boomers.
Sans doute les entreprises anticipent-elles aussi un petit rebond du turn-over. Quand la confiance revient, la mobilité des cadres a tendance à progresser. Le marché du travail devient un peu plus fluide.

Sur quels métiers se concentre actuellement la demande des employeurs ? Le palmarès est le même que l’année dernière.
Tous secteurs confondus, le baromètre 2016 place en tête « Etude et développement informatique et réseau » (18 % des demandes) devant « architecture et ingénierie » (17 %) et « conseil » (13 %). Si l’on regarde la répartition des besoins pour chaque secteur d’activité, là aussi peu d’évolution par rapport à 2015.
Dans le milieu des ESN (SSII), on constate néanmoins une poussée des fonctions « architecture et ingénierie » qui passent de 17 à 21 % des demandes.
Chez les éditeurs de logiciels, les métiers du développement informatique montent encore en puissance (de 31 à 33 %), reflet d’une intense course à l’innovation et peut-être aussi d’un manque de développeurs sur le marché de l’emploi français. Afin d’assurer la commercialisation de ces solutions innovantes, la profession semble intensifier ses efforts marketing avec une demande en hausse sur ces métiers (de 9 à 14 %).

Internet des objets et Big Data très prisés

L’édition 2016 du baromètre rappelle aussi l’émergence rapide de certaines spécialités. Encore marginales il y encore deux ou trois ans, elles sont devenues incontournables. L’Internet des objets représente désormais 25 % des demandes des employeurs de l’industrie télécom & électronique (8 % tous secteurs confondus).
Dans les services, l’édition de logiciels et l’audit/conseil, cette spécialité commence également à être assez recherchée. Très active sur ce créneau, Alten recruterait ainsi des spécialistes de l’IOT pour offrir des services dans le domaine des systèmes d’information, réseaux, applications mobiles …
Le Big Data confirme également sa percée, notamment dans l’activité Audit/conseil (13 % des demandes) et les services (11 %). Cela vient corroborer certaines prévisions, comme celle du Congrès Big Data Paris, qui voient la « science des données » créer des milliers d’emplois en France d’ici deux ans. Dassault Systemes fait partie de ces entreprises qui recherchent des Data Scientists mais aussi des spécialistes du Cloud. Des profils encore trop rares.

Des emplois, la sécurité en crée aussi beaucoup. Ce domaine d’expertise est de plus en plus prisé, notamment dans l’audit/conseil (14 %). C’est maintenant un sujet de préoccupation dans les services et l’industrie qui demandent aux cabinets conseil de leur apporter des solutions. L’industrie des télécom (13 %) est également très friande d’experts dans ce domaine.
Parmi les valeurs sures, toujours dans la ligne de mire des recruteurs, on trouve les compétences en « systèmes d’information», surtout dans l’audit/conseil (14 %) et les services (hors ESN). Les technologies du Web sont les plus demandées dans les activités de services, les éditeurs de logiciels et les ESN. Quand aux spécialistes du génie logiciel, ils sont naturellement pistés par les éditeurs (15 % de leur demande) et l’industrie Télécom (13 %), notamment.

L’optimisme global, perceptible auprès des entreprises, aura un effet particulièrement positif sur les recrutements dans les métiers du numérique/télécom. Reste maintenant à savoir s’il s’agit d’une tendance durable. La dernière étude de l’APEC sur l’emploi des cadres (Panel Apec Entreprises –février 2016) semble aller dans ce sens. L’organisme table sur une nouvelle hausse des embauches en 2017. Rendez-vous au prochain Forum des télécommunications pour confirmation.

InfoG-ForumTelecom_global

Méthodologie
Entreprises interrogées lors du Forum des télécommunications à Paris-Porte de Versailles le 11 février 2016 – 85 entreprises présentes dont 63 ont répondu au questionnaire. Secteurs représentés : Audit/conseil (32 %), Editeurs de logiciel (11 %), ESN et ingénierie (14 %), Industries Télécom (6 %), Opérateurs (8 %), Autres industries (19 %), Services hors ESN (6 %), Autres (3 %).

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