Depuis la crise de 2008, l’économie mondiale est entrée dans une phase de réajustement, caractérisée par une surproduction qui excède les besoins mondiaux, une compétition commerciale accrue et une intensification du protectionnisme économique. Ces dérèglements ont modifié les règles du commerce international, offrant défis et opportunités à tous les pays.
La Chine, qui a dominé le marché du low cost ces 30 dernières années, va devoir s’adapter à ces nouvelles normes commerciales, logistiques et industrielles. Ce pays asiatique vient de rencontrer son plus lent rythme de croissance depuis 24 ans, soit seulement 7% en 2014. Cette décélération va entrainer une restructuration profonde de l’économie chinoise.
Le pouvoir d’achat des consommateurs chinois augmente régulièrement, ce qui stimule grandement le marché intérieur de la Chine. Ce phénomène attire de plus en plus d’investisseurs internationaux : de nombreuses multinationales y ont déjà implanté leurs sièges sociaux et leurs centres de recherche.
Les entreprises chinoises vont devoir miser non seulement sur l’innovation, la qualité et le management pour assurer leur compétitivité à long terme, mais aussi sur la formation et le développement des compétences des employés. Dans les années 2000, seuls 6% des jeunes entrants dans le marché du travail étaient diplômés. Ils sont à présent 46%, avec de nouvelles attentes en termes d’emploi et de salaires.
Les cols bleus vont devoir affronter la robotisation, le stress lié à la baisse des coûts et acquérir de nouvelles compétences. Les cols blancs vont se voir ouvrir la porte de nouvelles opportunités. Chaque année, 1.8 millions de jeunes chinois sont diplômés en sciences et en ingénierie. En 2014, 345 000 jeunes ingénieurs chinois formés à l’étranger sont revenus dans leur pays natal, devenu très attractif. C’est une chance extraordinaire pour l’industrie et la R&D chinoises.
A l’échelle mondiale, les débouchés sont nombreux pour l’industrie chinoise : les pays développés ont besoin de renouveler leurs équipements et leurs infrastructures, tandis que les pays émergents doivent les créer à court terme afin de répondre à leurs nouveaux besoins, que ce soit en terme de transports (train à grande vitesse), de télécommunication (4G), ou de robotique (industrie 4.0). Ce sont des activités à forte valeur ajoutée. Les investissements chinois à l’étranger ont été multipliés par 35 en 12 ans, notamment par l’acquisition d’entreprises spécialisées dans les technologies, l’innovation, les marques et les réseaux internationaux. Ces sociétés, intégrées à la force du tissu industriel local chinois, renforcent considérablement la compétitivité chinoise, qui va pouvoir quitter la logique low-cost et s’ouvrir à une production de qualité.
L’incroyable croissance chinoise s’expliquait par son passage du statut d’économie émergente à celle d’économie développée. Cette transition était un important moteur de croissance. A présent, la Chine est la deuxième plus grande économie du monde et elle va sûrement exercer un impact considérable sur la politique et l’économie internationales.
Quel sera le nouveau rôle de la Chine sur le plan mondial ? Va-t-elle chercher une position dominante comme les Etats-Unis avant elle ou s’intégrer dans un réseau constitué de plusieurs puissances démocratiques ? Comment va-t-elle réussir à gérer le conflit entre ses intérêts personnels et ceux de la communauté internationale ?
Les entreprises chinoises vont être confrontées à de nouveaux défis aussi bien locaux qu’internationaux pour développer des stratégies de développement, de management, de gestion des talents, mais aussi s’interroger sur leur citoyenneté sur le plan mondial. La qualité des relations de la Chine avec la communauté internationale et sa gestion des ressources vont être des enjeux capitaux pour soutenir sa croissance et réussir sa transition économique. Cela passe par l’établissement d’une nouvelle stratégie.
Le projet « route de la soie maritime du XXIe siècle » lancé par le président Xi Jinping semble démontrer une volonté d’ouverture et de coopération et de stimulation de l’économie non pas uniquement chinoise, mais internationale.
Accéder à l’article complet rédigé par Long Guoqiang, publié le 21 janvier 2015 :
https://agenda.weforum.org/2015/01/what-is-the-future-of-chinese-trade/?utm_content=bufferd70a3&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer
SOURCE – Forum Economique Mondial
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