Le Forum des Télécommunications a connu cette année encore un fort succès puisque 86 entreprises étaient présentes, ce qui montre la vigueur des domaines d’activités intéressés par nos jeunes diplômés, aussi bien les secteurs directement liés aux technologies de l’information et de la communication (SSII et ingénierie, conseil et audit, éditeurs de logiciels, opérateurs, industrie télécom et électronique) que les secteurs clients et utilisateurs : services (hors SSII) dont les banques ), autres industries.
Pour la quatrième année consécutive, l’Observatoire des Métiers de l’Institut Télécom a effectué une enquête « conjoncture » auprès des entreprises présentes pour préciser leurs perspectives d’activité et de recrutement de l’année en cours. Grâce à la forte collaboration des étudiants organisateurs du forum et des personnels des écoles et du siège de l’Institut Télécom, près de 90% des entreprises présentes ont accepté de répondre à notre enquête.
PERSPECTIVES D’ACTIVITE ET DE RECRUTEMENT
La quasi totalité des entreprises interviewées envisage leur activité 2012, comme supérieure ou égale à celle de 2011: pour 16% elle sera égale et pour 80% elle sera supérieure.
Comme les années précédentes, on constate un décalage entre les tendances du recrutement avec celles de l’activité. En effet 82% de ces entreprises évaluent leurs perspectives de recrutement de jeunes diplômés comme étant de neutres à positives. Il y a donc un léger tassement des perspectives par rapport aux deux dernières années mais la situation est très différente et bien meilleure que ce qui avait été constaté lors du Forum des Télécommunications de 2009.
La bonne santé de l’activité économique dans nos domaines est d’ailleurs confirmée par le fait que seules 5% des entreprises indiquent que leur besoin en recrutement est lié uniquement à des remplacements! Pour 46% d’entre elles ce besoin est uniquement lié à un développement d’activité et pour 45% à la fois au développement d’activité et aux remplacements.
DOMAINES DE RECRUTEMENT
L’éventail des domaines de recrutement de nos jeunes diplômés est toujours aussi large. Il couvre les métiers de recherche amont, d’études et développement (informatique, réseaux,) d’ architecture et d’ingénierie, de déploiement et exploitation, de conseil, d’études et développement électronique et communications, il s’étend aussi aux métiers de l’audit du marketing, et du commercial. Les métiers dits de supports n’ont été mentionné que marginalement car en situation de crise ce ne sont pas des domaines de recrutements privilégiés.
Traditionnellement les fiches de postes proposées par les entreprises n’indiquent que peu ou pas les domaines de savoirs scientifiques/technologiques et l’ensemble des articles et dossiers concernant les compétences attendues chez les ingénieurs et managers insistent sur les compétences dites transverses. Nous avons donc souhaité savoir quels étaient les savoirs scientifiques que les entreprises jugeaient spontanément comme des acquis d’apprentissage nécessaires pour répondre à leurs besoins.
A côté des domaines « classiques » réseaux, informatique, les compétences sont citées de manière différente selon les secteurs. Sans réelle surprise, nous avons eu confirmation que les opérateurs étaient intéressés par l’ensemble du spectre des compétences scientifiques du domaine IT. On constate que les secteurs de services aux entreprises citent plus volontiers les compétences en technologies internet, multimédia et de manière tout à fait logique les compétences scientifiques liées aux mobiles sont citées plus facilement par les éditeurs et le conseil que par les SSII. En outre les demandes de compétences en signal et en électronique ont plus la côte dans les secteurs industriels. La compétence en sécurité quant à elle est pour tous une composante incontournable.
REMARQUES COMPLÉMENTAIRES
Les entreprises ont aussi répondu à l’unanimité de manière positive à la question ouverte sur la qualité de nos formations. Les formations par apprentissage proposées par nos écoles intéressent tous les secteurs, sauf les secteurs de services aux entreprises qui ont des impératifs en terme de durée de mobilisation de leurs moyens humains au service de leurs clients et des impératifs liés à la complexité des projets menés, souvent totalement incompatibles avec les rythmes de présence de l’apprenti dans l’entreprise tels qu’ils sont définis pour les formations par apprentissage.
Nos écoles forment de plus en plus d’étudiants internationaux et les entreprises ont manifesté leur intérêt soit dans le cadre de leur développement à l’international, soit pour développer la diversité, le pluri culturalisme et donc l’ouverture dans leurs équipes…peut-être parce que cela contribuent aux innovations? La question de la maîtrise du français est bien évidemment centrale. La question des démarches administratives tout particulièrement depuis un an est un vrai souci pour les entreprises.
Il est à noter que les réponses apportés sur 4 ans par les secteurs des services IT aux entreprises nous ont confirmé que les distinctions entre sociétés de conseil, SSII, éditeurs de logiciels avaient tendances à devenir de plus en plus subtiles. Le conseil tend à proposer l’externalisation, les SSII à aller vers le conseil, les éditeurs à aller vers les deux….Si on rajoute les opérateurs qui proposent de plus en plus de cloud le marché de certains services IT se complexifie.
EN CONCLUSION,
nous ne pouvons qu’être confiants dans l’avenir de nos jeunes diplômés. Au milieu des tendances moroses du marché de l’emploi, leurs perspectives sont clairement positives. Cette situation favorable est liée à la fois à la croissance du domaine même des technologies de l’information et de la communication, au développement des usages et aussi à la qualité de la formation donnée par nos écoles.
Source : Observatoire des Métiers
Date : février 2012