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Etude de Booz & Company Paris sur l’innovation « à la française »

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 Le cabinet Booz&co vient de publier son étude annuelle Global Innovation 1000, qui analyse les dépenses de R&D des 1000 premières entreprises mondiales. Elle se complète cette année d’une étude spécifique sur l’innovation en France

 Une prise de conscience généralisée de l’importance de l’innovation

  • L’innovation est considérée comme un enjeu majeur pour la France, aussi bien par les gouvernements que plus récemment par les grandes écoles et universités
  • Historiquement, il s’agissait d’une politique programmatique (TGV, centrales nucléaires…etc.), puis  plus récemment, d’une politique des « pôles de compétitivité » (lancée en 2005)
  • Aujourd’hui ce sont les entreprises qui mènent l’innovation en France

La recherche & développement en France

Des investissements moins importants que dans les autres grands pays de l’OCDE

  •  La France investit 2,2 % de son PIB dans la R&D (chiffres 2012)

C’est un montant supérieur à la moyenne mondiale (1,8%), mais loin derrière les États-Unis (2,7%), l’Allemagne (2,9%), ou le japon (3,5%).

  • 239 600 chercheurs, dont 139 900 dans les entreprises, et 99 700 dans le secteur public participent à la R&D en France

La France, avec 3 807 chercheurs pour 1 million d’habitants se classe ainsi au 8e rang sur les 10 plus grandes économies de l’OCDE – loin derrière la Corée du Sud (au 1er rang avec 5 845 chercheurs / 1 million d’habitants).

Une part importante de dépenses publiques, mais plus réduite dans les entreprises

La participation de l’État aux dépenses de R&D est relativement plus importante que dans d’autres pays : mesures fiscales, financement au travers de programmes ambitieux, dépenses budgétaires pour l’enseignement supérieur…etc.

Les laboratoires publics se positionnent en haut du classement pour le nombre de brevets internationaux déposés dans le monde : CEA (1er), CNRS (3e), INSERM (7e rang)

Par contre, les dépenses en R&D sont plus faibles dans les entreprises françaises comparativement à d’autres pays (États-Unis, Allemagne, Japon…etc.), et s’orientent moins vers le développement expérimental (c’est à dire celui qui correspond au « D » de développement : « en vue de lancer la fabrication de nouveaux matériaux, produits ou dispositifs, d’établir de nouveaux procédés, systèmes et services, ou d’améliorer considérablement ceux qui existent déjà » – définition Wikipédia).

Seules 5 entreprises françaises (Sanofi, EADS, Alcatel-Lucent, Peugeot,Renault) apparaissent dans le top100 du classement Innovation 1 000, et 45 dans le classement total.

Dépenses en R&D et croissance ?

« L’enjeu pour la France réside dans une meilleure conversion du capital intellectuel et de l’investissement R&D dans des produits qui génèrent de la croissance » : les études précédentes du cabinet Booz&co montrent qu’il n’existe pas forcément de lien entre le niveau d’investissements en R&D et la réussite financière des entreprises, et que la valorisation des dépenses en R&D serait alors plus fonction de la qualité des processus d’innovation des organisations, et de la façon dont les projets sont menés au sien de celles-ci.

Typologies d’entreprises, culture d’entreprise et innovation

L’étude Global Innovation 1000 distingue 3 profils d’entreprises.

  • Les Need-Seekers : compréhension fine des besoins et comportements de l’utilisateur final, ces entreprises répondent souvent à des besoins non-exprimés et sont les premières à commercialiser les nouveaux produits et services qui en découlent. Ex : Apple
  • Les Market Readers : approche plus prudente, la création de valeur se concentre sur des innovations incrémentales à leurs produits. Ex : Hyundai
  • Les Technology Drivers : ces entreprises suivent la direction induite par leurs compétences technologiques, en « s’appuyant sur des investissements soutenus pour mener à la fois des innovations de rupture  et des innovations incrémentales ». Ex : Google

 En France, les entreprises « Technology drivers » sont beaucoup plus nombreuses : la forte culture technique se reflète dans les choix organisationnels de l’entreprise.

Les personnes interviewées dans l’étude expliquent que la responsabilité de l’innovation est souvent portée par plusieurs directions (recherche, achats, …etc.), et que la culture d’entreprise française soutient peu l’innovation.

Quels freins à l’innovation en France ?

Le cabinet Booz&co en identifie 3 :

  • Un  enseignement trop axé sur l’enseignement théorique : la formation aux outils de l’innovation comme le marketing ou la communication par exemple, est réservée aux étudiants de grandes écoles de commerce
  • Le manque d’attractivité de la situation d’entrepreneur : prise de risque personnel, taxes sur les bénéfices…etc.
  • Un environnement fiscal contraignant, et des mécanismes d’attribution des aides publiques complexe

Pistes de réflexion : comment rendre l’innovation plus performante en France ?

  • La première piste envisagée, est comment passer du modèle Technology Driver à ce lui de Need-Seeker

Plus que de développer l’innovation, il s’agit ici d’appréhender plus précisément les clients et leurs besoins, en développant par exemple des outils d’analyse client performants, en sélectionnant des utilisateurs-pilotes, ou encore en évaluant en permanence le potentiel du marché.

  • Promouvoir l’innovation au sein de l’entreprise

Structurer les projets d’innovation, inciter à l’innovation (mécanismes d’incitation comme des bonus par exemple), développer des compétences spécifiques dans l’entreprise sont les éléments mis en avant par l’étude.

  • Faire appel à l’innovation décentralisée

Il peut s’agir ici de faire appel à des structures de R&D en externe, monter des partenariats avec les acteurs du secteur, développer les échanges avec la recherche publique, ou de développer les investissements dans les start-ups afin d’être réactif face aux technologies de rupture…etc.

 

L’étude conclut en ouvrant sur l’avenir : le paysage de l’innovation en France, que ce soit au niveau des entreprises, des écoles ou de l’État, est en pleine mutation – « une étude réalisée dans 5 ans montrerait sans doute des évolutions majeures ».

 

Accéder au focus France de  l’étude : l’innovation dans les entreprises en France (26 p., téléchargeable, français)
http://www.booz.com/global/home/what-we-think/reports-white-papers/article-display/innovation-entreprises-france
Source : www.booz.com

Accéder à l’étude annuelle Global Innovation 1000 : navigating the digital future ( 16 p., téléchargeable, anglais)
http://www.booz.com/global/home/what-we-think/reports-white-papers/article-display/2013-global-innovation-1000-study
Source : www.booz.com

 

Date : octobre 2013

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